Loi APER : obligations, échéances et exonérations

Ce que la loi impose aux toitures des bâtiments tertiaires et industriels et aux parkings extérieurs, les dates à retenir, les cas d’exonération et la manière de s’y préparer.

Mis à jour le 8 octobre 2026

Qu’est-ce que la loi APER ?

La loi APER (loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables) impose aux bâtiments tertiaires et industriels d’au moins 500 m² d’emprise au sol, ainsi qu’aux parkings extérieurs de plus de 1 500 m², de produire de l’énergie renouvelable ou de végétaliser une partie de leur surface.

Son objectif est d’utiliser les grandes surfaces déjà artificialisées, toitures et parkings, pour accélérer le déploiement du solaire en France sans consommer de terres agricoles ou naturelles. Elle a été complétée depuis par plusieurs textes : un arrêté du 19 décembre 2023 pour les bâtiments neufs, la loi DDADUE du 30 avril 2025, la loi de simplification du droit de l’urbanisme dite « loi Huwart » du 26 novembre 2025 et le décret n° 2026-842 du 7 septembre 2026 pour les parkings.

Qui est concerné ?

Les toitures des bâtiments existants

Les bâtiments non résidentiels existants d’au moins 500 m² d’emprise au sol sont concernés : bureaux, commerces, entrepôts, bâtiments industriels, établissements de santé, d’enseignement ou équipements sportifs. Ils doivent intégrer une production d’énergie renouvelable ou une végétalisation en toiture à partir du 1er janvier 2028, même sans travaux. La part de toiture à couvrir doit être fixée par décret, qui n’est pas paru à notre connaissance à la date de mise à jour.

Les bâtiments neufs et les rénovations lourdes

Pour les constructions neuves, les extensions et les rénovations lourdes, l’obligation s’applique dès l’autorisation d’urbanisme, avec une part de toiture qui augmente progressivement : 30 % depuis le 1er janvier 2024, 40 % depuis le 1er juillet 2026 et 50 % à partir du 1er juillet 2027. Les seuils de surface varient selon l’usage du bâtiment.

Les parkings extérieurs

Les parkings extérieurs de plus de 1 500 m² doivent être équipés, sur au moins la moitié de leur surface, d’ombrières intégrant un procédé de production d’énergie renouvelable. Depuis la loi Huwart, une solution mixte est possible, avec au moins 35 % de cette moitié en ombrières photovoltaïques, complétées par de la végétalisation. Le détail est présenté dans notre page ombrières de parking.

Quelles sont les échéances ?

Échéances de la loi APER (au 8 octobre 2026)
Surface concernéeSeuilÉchéanceCouverture attendue
Toiture d’un bâtiment existant500 m² d’emprise au sol1er janvier 2028Part fixée par décret
Toiture neuve ou rénovation lourdeSelon l’usage du bâtimentDès l’autorisation d’urbanisme40 % depuis juillet 2026, 50 % à partir de juillet 2027
Parking extérieur de 10 000 m² et plus10 000 m²1er juillet 2026, report au 1er janvier 2028 sous conditionsLa moitié de la surface (solution mixte possible dès 35 % de cette moitié en photovoltaïque)
Parking extérieur de 1 500 à 10 000 m²1 500 m²1er juillet 2028, report au 1er janvier 2030 sous conditionsLa moitié de la surface (solution mixte possible dès 35 % de cette moitié en photovoltaïque)

Les reports pour les parkings sont conditionnés à des engagements contractuels (contrat avec acompte puis bon de commande à des dates précises) et à l’utilisation de panneaux répondant aux critères du décret n° 2026-842. Les conditions sont détaillées sur la page ombrières de parking.

Que faut-il installer concrètement ?

Pour les toitures, la loi laisse le choix entre trois solutions :

  • un procédé de production d’énergie renouvelable, le plus souvent des panneaux photovoltaïques ;
  • un système de végétalisation garantissant un haut degré d’efficacité thermique et d’isolation ;
  • tout autre dispositif aboutissant au même résultat.

Pour les parkings, l’obligation porte sur des ombrières couvrant la moitié de la surface. Elles abritent les véhicules et produisent de l’électricité, qui peut alimenter le bâtiment voisin ou des bornes de recharge.

Photovoltaïque ou végétalisation : comment choisir ?

Les deux options satisfont l’obligation, mais elles n’ont pas le même intérêt économique.

Comparaison des deux options en toiture
CritèrePhotovoltaïqueVégétalisation
ÉconomiesÉlectricité produite et consommée sur placeGains thermiques, sans production d’électricité
RevenusRevente possible du surplusAucun
InvestissementAmorti par les économies sur plusieurs annéesNon amorti par une production
EntretienFaible, avec suivi de productionRégulier (arrosage, taille, étanchéité)
Points d’attentionCharge admissible, orientation, raccordementCharge admissible, étanchéité

Le photovoltaïque transforme une obligation en investissement rentable lorsque le bâtiment consomme de l’électricité en journée. La pré-étude COVR en chiffre le potentiel pour votre site.

Quelles exonérations sont prévues ?

La loi prévoit des cas où l’obligation ne s’applique pas, totalement ou partiellement :

  • Contraintes patrimoniales : immeubles protégés au titre des monuments historiques, abords de monuments, sites patrimoniaux remarquables, sites inscrits ou classés, cœur de parc national.
  • Contraintes techniques, de sécurité ou architecturales : toiture inadaptée, installations techniques, normes de sécurité incompatibles.
  • Contraintes économiques : pour les bâtiments neufs ou rénovés, lorsque le surcoût dépasse les seuils fixés par arrêté, notamment 15 % du coût total hors taxes des travaux, net des recettes de revente d’électricité, des économies d’énergie et des aides. Le maître d’ouvrage doit alors le justifier par une étude technico-économique et des devis.

Quelles sanctions en cas de non-respect ?

Pour les parkings, le préfet peut prononcer après mise en demeure, une amende pouvant aller jusqu’à 20 000 € (moins de 10 000 m²) ou 40 000 € (10 000 m² et plus) par an, renouvelable jusqu’à la mise en conformité. Pour les toitures des bâtiments existants, les modalités de contrôle et de sanction doivent encore être précisées par les textes d’application.

Comment s’y préparer ?

  1. Vérifier si votre site est concerné, avec le module « Suis-je concerné ? ».
  2. Évaluer le potentiel de la toiture ou du parking : puissance installable, production, économies et retour sur investissement.
  3. Comparer les options (photovoltaïque, végétalisation, solution mixte) et les modes de financement.
  4. Choisir un installateur certifié RGE et anticiper les délais d’autorisation et de raccordement, souvent de plusieurs mois.
  5. Pour les parkings, sécuriser les engagements contractuels qui ouvrent droit au report d’échéance.

Questions fréquentes

Peut-on végétaliser plutôt qu’installer des panneaux ?

Oui. Pour les toitures, la loi admet une production d’énergie renouvelable, une végétalisation ou un dispositif équivalent. Pour les parkings, une solution mixte est possible depuis la loi Huwart : des ombrières photovoltaïques sur au moins 35 % de la moitié de la surface à couvrir, complétées par de la végétalisation. Le photovoltaïque a l’avantage de générer des économies durables, ce que la végétalisation ne permet pas.

Un parc de stationnement couvert est-il concerné ?

Un parking couvert est un bâtiment : s’il atteint 500 m² d’emprise au sol, il relève a priori de l’obligation applicable aux toitures, ce que nous vous conseillons de confirmer au cas par cas. Les ombrières concernent, elles, les parkings extérieurs de plus de 1 500 m², avec des échéances et des conditions de report propres.

Qui doit réaliser l’installation ?

L’obligation incombe au propriétaire du bâtiment ou du parking, ou au gestionnaire selon les cas. L’installation doit être confiée à une entreprise qualifiée ; un installateur certifié RGE garantit le respect des règles de l’art et ouvre l’accès à certains dispositifs de soutien.

Les dates peuvent-elles encore évoluer ?

Oui. Les obligations ont déjà été modifiées en 2025 et 2026, et plusieurs décrets d’application sont attendus, notamment sur la part de toiture à couvrir pour les bâtiments existants. Ce guide indique sa date de mise à jour ; nous le révisons à chaque nouveau texte publié.

Sources

Ce guide est une synthèse informative et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une décision engageante, référez-vous aux textes en vigueur sur Légifrance.

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